Samedi 12 décembre 2009
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"La paix, si jamais elle existe, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur
l'amour de la paix".. Cette citation est tirée de "'La trahison des clercs", un roman de Julien Benda.. Entre les lignes, on peut lire que la paix ne sera jamais stable ni durable si la
convention qui la sous-tend repose juste sur l'idée d'éviter la guerre. Il faut que toutes les parties à un conflit soient réellement animées par la volonté de bâtir la paix sans chercher à
imposer, chacune, ses quatre volontés aux autres pour que l'on puisse aboutir à une paix véritable et durable. A Madagascar, on agite le spectre de la guerre civile pour essayer de
faire passer toutes les décisions irréflechies et injustes de Andry Rajoelina. Déjà, on le voit bien, la survenance de cette guerre civile n'est pas un souci pour Tgv. Il se permet presque tout
avec ses militaires. C'est quand les autres resistent à son autoritarisme que l'on parle de guerre civile. Depuis le début, il réprime, tue, détruit et personne n'en parle. Mais dès que l'on refuse
son autorité, dès que Ravalomanana songe à rentrer à Madagascar, dès que l'on remet en cause son pouvoir illégitime, on invoque l'éventualité de cette guerre.
Personne ne souhaite la guerre mais pour qu'elle n'arrive pas, il faut des efforts également inclusifs et
consensuels, c'est à dire des efforts de la part de tous. La paix ne s'obtient pas en essayant de soumettre les autres. La paix s'obtient en prenant en compte les intérêts des autres. Or, tout,
dans le comportement de Tgv, n'est qu'égoïsme. D'abord, au lendemain de son coup d'Etat, il pensait gérer le pays par la terreur en réprimant toute résistance à sa tyrannie. Ensuite, sous la
pression de la communauté internationale, il avait cherché à intégrer, mais de manière très déséquilibrée, toutes les mouvances dans sa transition illégitime, illégale et bancale. Ensuite, après
les Accords de Maputo, il s'est comporté en despote en se plaçant au dessus des autres et en essayant d'imposer à tous sa perception d'une Transition inclusive et consensuelle. Lui, il a compris:
il prend tout ce qu'il veut et il répartit ce qu'il veut bien laisser entre les autres. Or, aucun texte ne lui donne ce pouvoir. Actuellement, sans aucune base légale, il se permet
d'interdire le retour des délégations des trois mouvances au pays. D'où tient-il ce pouvoir ? De nulle part bien sûr. Il a l'habitude de s'arroger des pouvoirs qu'il n'a pas. Comme tous le
désignaient comme responsable du blocage de la situation, il avait refusé de se rendre à Maputo. Il ne se sentait pas assez fort et assez juste pour se défendre. Il a prefèré rester à Madagascar où
ses militaires peuvent imposer à tous ses caprices. Le plus dur est que tous doivent composer avec lui parce qu'il contrôle justement cette armée. Mais son acte n'est rien d'autre qu'un "casus
belli", c'est à dire un acte qui justifie la guerre.
En tout cas, une chose est certaine. Ce n'est pas avec Andry Rajoelina que Madagascar résoudra ses problèmes. Il
n'y a rien à attendre de ce genre d'aventurier irresponsable que désolation, crise et confrontations. En moins d'une année, il a passé à la trappe tous les gains, même s'ils n'étaient pas
énormes, en économie, en démocratie, en bonne gouvernance, en bonne réputation. Et il continue ses méfaits. Les dizaines de milliers de chômeurs générés par la crise ne lui suffisent pas. Il
ne semble pas se soucier si Madagascar va rester éligible ou non à l'AGOA. Après TIKO, c'est Air Madagascar qui risque maintenant de disparaître avec la décision inconsidérée d'interdire le
retour des délégations qui se sont réunies à Maputo. C'est maintenant tout l'espace SADC qui est interdit à Air Madagascar. Jusqu'à quand Madagascar va devoir supporter son putschiste ?
Tant qu'il est là, le pays ne connaîtra pas la paix. Du moins, elle ne connaîtra pas la vraie paix, celle des..., sans
jeu de mot, "braves", c'est à dire une paix négociée entre partenaires de bonne foi. Peut être que le pays connaîtra la paix des soumis mais, on sait, elle ne dure pas et elle est
économiquement contreproductive.
Par sammy rasolo
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Vendredi 11 décembre 2009
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2009
12:29
Emportés par leur
impulsivité, les tégévistes accumulent les erreurs. Dans un sens, tant mieux. L'opinion internationale tend à comprendre et trouver logique la position des trois autres mouvances. Et on retrouve
peu à peu l'équilibre post-coup d'Etat où les anti-Rajoelina jouïssaient de la sympathie de la communauté internationale mais étaient impuissants sur le plan intérieur face au ralliement de l'armée
aux putschistes. Ces derniers régnaient en maîtres absolus sur le pays tout en étant condamnés et rejetés par le monde extérieur. Tant mieux parce qu'il apparaît clairement que ce n'est pas
le fameux "intérêt supérieur de la nation" qui est la motivation des Tégévistes mais juste leur soif d'hégemonie, de pouvoir et de sièges. Ainsi, il n'est pas bien difficile de voir qui sont les
bons et qui sont les méchants. En tout cas, si l'on est de bonne foi, juger ici n'est pas un exercice bien difficile. D'un côté, on a un gamin impulsif qui ne digère pas le fait qu'on lui ait
enlevé quelques préséances protocolaires et qui accule à l'exil toutes les autres composantes, du moins les principales, de la classe politique. Et de l'autre, on retrouve les trois autres
mouvances qui refusent, à raison, de se plier à l'autoritarisme de Tgv. En effet, rien, encore une fois absolument rien, ne justifie que Tgv béneficie d'une quelconque supériorité sur les autres
chefs de mouvance. Même la société civile, du moins ses composants les plus actifs, qui, au début de la crise, soutenait plus ou moins Andry Rajoelina, condamne maintenant sans détour ses
décisions anti-démocratiques et illégales.
Alors qu'est-ce qui va se passer ?
Une chose au moins est sûre: Tgv ne va pas pouvoir tenir longtemps
dans son entêtement. Il acceptera, plutôt tôt que tard, de laisser les délégations des trois mouvances bloquées à Maputo rentrer à Madagascar. Aucun pays ne le soutiendra dans son entêtement
absurde. Bien sûr, il demandera quelques contreparties en échange dont, entre autres, qu'il garde le titre de "Président". Mais avec quels pouvoirs ? Les médiateurs vont devoir se creuser la tête
pour que, en apparence, il ne perd pas la face. Mais il est prévisible qu'il va perdre encore un peu de pouvoirs. A force de jouer avec le feu, on finit par se brûler.
En tout cas, la pression ne viendra pas uniquement de la communauté
internationale, elle viendra aussi de la société civile. Le parlément européen n'est pas tendre à l'endroit des tégévistes. Les ambassadeurs des grands pays refusent toute idée de transition
unilatérale. Et d'ailleurs, Rajoelina devrait le comprendre depuis son coup d'Etat. La société civile, elle, ose prendre clairement position contre Tgv. Avant, elle préferait mettre dans un même
sac toute la classe politique et refusait de désigner qui a tort et qui a raison. Cette attitude réduisait son influence. Or, cette société civile, celle qui se montre la plus active, comprend
également des influents opérateurs économiques. Ces derniers ne trouvent sûrement aucun intérêt à l'entêtement des tégévistes. Les sanctions qui deviennent inévitables frapperont bien sûr le peuple
malgache mais aussi, avant tout, les entreprises, c'est à dire les opérateurs.
De tout ce qui a été dit, il y a au moins une évidence. Même si la Transition inclusive
voit le jour, elle aura beaucoup de difficultés à fonctionner tant que les tégévistes restent ce qu'ils sont: des putschistes qui se croient investis de droits et pouvoirs exceptionnels. Ils
croient que partager est un cadeau qu'ils offrent aux autres. Il ne leur vient jamais à l'idée qu'ils ne sont que des usurpateurs qui ont violé toutes les règles pour s'emparer du pouvoir et que
c'est plutôt à eux qu'on fait un cadeau en les acceptant dans une Transition consensuelle et inclusive. Mais comment faire admettre cette logique à ceux qui ne réconnaissent que le seul rapport de
force comme mode de persuasion.
N.B: Pour des raisons familiales, professionnelles (entre autres, de nombreux déplacements), je me suis tu pendant environ deux semaines. Il ne m'est rien arrivé de grave.Que mes lecteurs se
rassurent !
Par sammy rasolo
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Mercredi 25 novembre 2009
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14:49
Etre réaliste, c'est savoir faire la part des choses, c'est savoir distinguer ce qui est possible de ce qui n'est pas possible. Il est clair que l'idéal, pour le développement de Madagascar, est la
mise à l'écart de Tgv et de ses amis de la sphère du pouvoir. Tout simplement parce qu'ils sont particulièrement nuisibles pour le pays, et presque sur tous les plans: démocratie, économie,
relations diplomatiques. Mais il faut savoir tenir compte de l'évidence: ils sont incontournables dans la résolution de la crise actuelle. Personne ne dispose des moyens nécessaires pour les faire
partir. Seule la communauté internationale aurait pu le faire mais elle n'a pas choisi cette voie. D'où, la nation malgache est obligée de composer avec les tégévistes bon gré ou mal gré. Et le
seul moyen de les amener à la raison, faute de pouvoir le faire par les armes, ne peut être que la pression de l'opinion tant nationale qu'internationale.
Ainsi, tous ceux qui estiment qu'il ne sert à rien de rappeler aux partisans de Tgv les valeurs
universelles qui font de l'homme un bon citoyen, un bon père de famille, un respectable homme politique, ou tout simplement un honnête citoyen tout ce qu'il y a de plus moyen, doivent prendre
conscience que les messages que l'auteur de cet article essaie de passer à travers ses articles, ne sont pas destinés uniquement aux tégévistes pour qu'ils se rendent compte de leurs erreurs et
deviennent justes et bons. En la matière, le scribouillard est désabusé lui-aussi. Mais ses messages s'adressent aussi à l'opinion pour qu'elle puisse, sur la base de ces valeurs assez simples à
énoncer, juger qui a tort et qui a raison. Ou du moins, juger qui a le moins de torts dans toute cette histoire. Et par opinion, il faut entendre non pas seulement les prises de position,
manifestées ou non, des nationaux mais aussi celles des observateurs internationaux, et plus particulièrement celles de ceux qui sont engagés dans la médiation. Mettre toute la classe
politique dans le même panier et la rendre responsable de manière égale de la crise est en effet non seulement injuste pour ceux qui sont animés d'authentiques sentiments patriotiques et d'équité.
Il n'est pas juste que l'on mette sur le même pied d'égalité, au niveau de leurs responsabilités, les victimes et les agresseurs. Et des victimes et des agresseurs, il y en a réellement dans
la crise actuelle. La vraie victime innocente est le peuple mais en outre, parmi les politiciens, il y a des élus, dépositaires de la légitimité démocratique, qui ont été spoliés de leurs mandats.
Et parmi ces élus, certains ont réellement oeuvré pour le développement du pays. Mais par ailleurs, mettre sur un même pied d'égalité des politiciens tricheurs qui usent et abusent d'un pouvoir
acquis par la violence pour imposer aux autres leurs quatre volontés et des politiciens qui refusent justement cet autoritarisme, est foncièrement inique et injuste. Alors, il faut être clair, dans
la classe politique, il n'y a peut être pas des anges et des démons, mais il y a des agresseurs et des agressés. Et les premiers, qui ne sont autres que les tégévistes, sont plus responsables de la
survenance de la crise que les séconds. Les torts sont peut être partagés mais les premiers en ont indiscutablement plus. Alors les médiateurs doivent l'admettre et mettre la pression sur les
agresseurs pour qu'ils ne campent pas sur leur appetit gargantuesque injustifié.
Opérer un partage équitable et juste des responsabilités est du domaine du possible. Le revendiquer,
ce n'est pas verser dans le blocage. Le blocage, si l'on veut, vient de celui qui cherche à imposer toutes ses volontés alors même qu'il ne dispose d'aucune légitimité qui pourrait sous-tendre ses
revendications.
Par sammy rasolo
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Mardi 24 novembre 2009
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11:47
Ils sont tombés sur la tête apparemment. Maintenant, ils se basent sur les résultats de l'élection présidentielle de 2006 pour revendiquer 40% des portefeuilles du gouvernement. Ils oublient juste
qu'ils ont renversé par la violence celui qui a gagné ce scrutin, par 53% des suffrages au premier tour, et qui n'est autre que Marc Ravalomanana. Comme raisonnement, il n'y a pas plus ridicule.
Ils, ce sont bien sûr les tégévistes. Maintenant, c'est vraiment verifié, ce sont eux qui bloquent la mise en place du gouvernement de la Transition. Et tout ce que l'on peut regretter est
que Madagascar est tombé entre les mains d'une clique qui ne pense que "sièges", intérêts partisans et personnels en matière politique. Ils ont "triché" pour s'emparer du pouvoir. Leur coup d'Etat
était universellement condamné mais cela ne les empêche pas de penser malgré tout qu'ils ont plus de droits que les autres. Mais en plus, leur leader se permet de donner des leçons de morale aux
autres en les accusant d'être les facteurs de blocage.
Le minimum que l'on devrait attendre de la mouvance Rajoelina est la modestie après tout le
mal qu'ils ont fait au pays. Mais non, ils restent ce qu'ils sont: des putschistes et, en plus, manifestement... fiers de l'être. Eric Cantona, dans son commentaire sur la fameuse main de
Thierry Henri, lors du match retour France-Irlande pour la qualification au "Mondial", a déclaré que ce n'est pas la faute qui le gêne, c'est plutôt le fait que Thierry Henri s'est réjouï
d'un but obtenu par tricherie. Et plus de 80% des Français se déclarent plutôt scandalisés par les primes que les joueurs et le sélectionneur auraient obtenues de par cette qualification. En tout
cas, Thierry Henri, depuis cette "main", est sifflé et hué à chaque fois qu'il apparaît sur un terrain. Mais lui, il a compris la leçon. Il réconnaît sa faute. Dans un communiqué, il a même soutenu
que la solution serait de rejouer le match. La FIFA, elle, a déjà pris sa décision: le match ne sera pas rejoué. Mais le comportement de Thierry Henri est vraiment humain: il fait profil bas en
réconnaissant son tort. Il n'en est pas de même pour les tégévistes: ils alignent tous les méfaits: coup d'Etat, destruction de l'économie du pays, repressions brutales, violations de toutes les
normes de démocratie. Mais ils semblent plutôt fiers que désolés de leurs actes. Ils se basent même sur ces méfaits pour revendiquer plus de sièges et plus de droits. Et on ne peut qu'être
dubitatif sur leur volonté réelle de partager la gestion de la Transition et de faire primer les intérêts nationaux sur tout autre intérêt partisan ou personnel.
Après la commission d'un mal, sa conscience ne devrait pas laisser tranquille son auteur.
Sauf s'il est dépouillé de toute humanité, de toute notion de justice et d'équité. Le premier souci devrait être de réparer les dégâts causés, les prejudices subis par le peuple. Comme dit Jean
Anouilh dans "La sauvage", "j'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces...Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m'empêchera d'être heureux"". Ce "chien perdu" est la
peur de la justice divine pour le chretien, la mauvaise conscience de ne pas se soucier du bien être de son foyer pour le bon père de famille, l'intégration de la notion de justice comme valeur
pour le citoyen lambda, le sens de l'intérêt général pour le bon citoyen, le sens de l'engagement pour la chose publique (res publica) pour le politicien. Mais ces valeurs signifient-elles quelque
chose pour les tégévistes ? Apparemment non. A charge pour eux de prouver le contraire !
Par sammy rasolo
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Lundi 23 novembre 2009
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Présidence
collégiale. On croyait que tout allait suivre, que les institutions allaient se mettre en place. Et bien non. Il faut se faire une raison. Il y a autant de lectures que de signataires des Accords
d'Addis Abeba. La mouvance Rajoelina, elle, se prévaut même d'un accord, celui de Malmaison (France), auquel n'ont participé ni la mouvance Ravalomanana ni la mouvance Zafy. Elle feint d'oublier
qu'un contrat s'impose aux seuls contractants et n'est pas opposable aux tiers. En tout cas, rien ne change dans les comportements de cette mouvance. Elle croit, ou fait semblant de croire, que les
Accords d'Addis Abeba ne sont que la consécration de leur accès illégal au pouvoir et qu'en conséquence, elle a le droit de s'adjuger tous les départements qu'elle juge importants et les autres
n'ont qu'à s'entendre pour se partager les restes. Ces autres, eux, ont compris, à raison, une remise à plat de toutes les données du problème et un partage équitable et consensuel des
responsabilités. Le fait que Zafy Albert désigne sans détour la mouvance Rajoelina comme facteur de blocage est significatif en la matière. Si c'était la mouvance Ravalomanana qui accusait Andry
Rajoelina, personne ne s'en étonnerait, on trouverait cela naturel. Par contre, le fait que c'est Zafy Albert dont la mouvance n'a formulé aucune objection à la répartition définie lors de la
réunion de Carlton qui pointe un doigt accusateur vers Andry Rajoelina, signifie que Tgv et ses amis outrepassent, comme d'habitude, tous les principes liés au consensus et à l'égalité.
Maintenant, les quatre chefs de mouvance vont de nouveau se rencontrer pour "régler" la répartition
des portefeuilles du gouvernement de la Transition. Bien sûr, on ne peut pas être contre. Mais après ?
Faisons-nous comprendre ! Les pressions
des mediateurs, et derrière eux, celles des grands pays et des organisations internationales, amèneront, encore une fois, les uns et les autres à céder sur leurs prétentions pour se mettre
d'accord. Et le gouvernement verra enfin le jour. Mais telle que les choses se présentent à l'heure actuelle, la Transition fera encore face à d'autres blocages. Tout simplement parce que les uns
et les autres s'engagent mais pas selon le même esprit de partage et de consensus. Et notamment, manifestement, la mouvance Rajoelina n'arrive pas à se faire à l'idée qu'elle est une mouvance comme
les trois autres et ne dispose d'aucun droit en plus. Elle pense toujours pouvoir décider seule et s'indigne quand les autres refusent de se soumettre à son diktat. Tant qu'elle raisonne de cette
manière, le gouvernement, une fois constitué, après une très longue gestation, risque la paralysie à chaque fois que les opinions divergent. Faut-il rappeler que juridiquement, selon les Accords de
Maputo, il suffit que l'un des trois membres du Conseil de la présidence s'abstienne de signer pour invalider un acte décidé en conseil de gouvernement, ou un acte de nomination, et tout acte de
gouvernement en général. Alors comment peut-on être optimiste pour l'avenir devant ce que l'on observe actuellement ?
Certains observateurs fustigent toute la
classe politique face au blocage. L'auteur de ces lignes refuse de mettre dans un même sac tous les politiques et trouve que le problème vient, toujours et encore, essentiellement de la mouvance
Rajoelina. Elle croit toujours, illégitimement, avoir plus de droit que les autres. Elle pense toujours pouvoir tout imposer par la force. Elle appelle les autres à plus de concessions quand,
elle-même, n'est prête à en concéder aucune sauf quand elle est acculée par la communauté internationale. Toutes les prétendues concessions de la mouvance Rajoelina ont été obtenues à force de
contraintes et de menaces de sanctions. Jamais de sa seule propre volonté. Et même maintenant que la présidence est collégiale, ses militaires tentent encore d'imposer par la force l'attribution
des ministères de souveraineté à leur mouvance. Ils ne connaissent que la force comme moyen de persuasion. Ils oublient juste que les rapports, en la matière, ne sont plus ce qu'ils étaient. Entre
autres, Andry Rajoelina n'est plus le seul président, le gouvernement en place sera bientôt dissous et la hat ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir. Les rapports ne penchent pas en faveur de la
mouvance Ravalomanana mais il y a eu un certain reéquilibrage sinon un reéquilibrage certain.
Par sammy rasolo
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