Selon l'ambassadeur de France à Madagascar, dans une interview qu'il a accordée à la "Gazette de la Grande Ile", on est très proche de la résolution de la crise. On ne peut que s'en réjouïr mais, en même temps, on ne peut qu'être curieux de savoir comment les nouveaux arrangements tiendront compte des intérêts de toutes les parties et surtout des intérêts du pays.
Si arragements il y aura, ils auront lieu entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sinon on ne pourra pas parler de résolution de crise du tout. Et puisque les deux intéressés projettent de faire des déclarations publiques dans les heures qui viennent pour l'un, et les deux jours prochains pour l'autre, on ne peut que constater que les choses vont dans le bon sens. Et finalement, on peut deviner que les pressions ont eu raison de l'entêtement de Andry Rajoelina. La France, a toujours soutenu l'auteur de cet article, a intérêt à trouver une issue à la crise avant que l'Union Européenne statue sur le cas de Madagascar. Tout simplement parce que si l'Union Européenne décide de sanctionner les putschistes, elle n'aura plus beaucoup de marge de manoeuvre. Il lui sera difficile d'afficher, contre l'opinion internationale, son soutien à Tgv. D'où, sans doute, la diplomatie française a mis le paquet pour trouver une issue acceptable pour tous. En effet, des sanctions de la part de l'Union Européenne feraient réellement et autrement plus mal que celles de l'Union Africaine. La conséquence, pour Tgv, pourrait être tout simplement, à plus ou moins long terme, le départ sans condition. D'autant plus que la fidelité de l'armée à son égard ne semble plus du tout aussi inébranlable qu'au début de son "règne". Or une chute brutale de Tgv, manifestement de plus en plus impopulaire, pourrait amener certains excités incontrôlables à s'en prendre brutalement aux intérêts français puisque la France est perçue par l'opinion nationale comme son "tuteur" aussi bien lors de son insurréction que depuis son accession au pouvoir. En outre, une telle issue ferait perdre à la France toute influence sur les nouveaux décideurs malgaches. Un risque que Paris n'est sûrement pas prêt à courir.
Les observateurs sont ainsi dans l'expectative. On connaît déjà plus ou moins le contenu du nouveau consensus. Les grandes lignes sont d'ailleurs revelées par l'ambassadeur de France: un gouvernement réellement d'union nationale, une CENI réellement inclusive et des élections à brève échéance. Un schema moins lourd que celui prévu par les Accords de Maputo mais aussi moins partisan et plus consensuel que la "convention nationale" d'Ivato dont le principal objet semblait être la consolidation du pouvoir de Andry Rajoelina. Tout n'est pas réglé pour autant. L'expérience a montré qu'il est plus ou moins facile d'obtenir l'accord de tous sur les grandes lignes. C'est toujours au moment des partages des responsabilités, ou plus vulgairement des partages de sièges, que les choses se corsent. Tout le monde se souvient que c'est au niveau de la formation du gouvernement et de la délimitation pratique des pouvoirs du président et des co-présidents que les Accords de Maputo et l'Acte additif d'Addis Abeba ont "explosé". Alors espoir mais aussi prudence !
Rappelons que l'armée met aussi la pression sur Andry Rajoelina pour qu'il définisse une "feuille de route" de sortie crise qui intègre la réconnaissance internationale. Selon un quotidien, Tgv,
lors de sa rencontre avec les responsables de l'armée, se serait plaint de cette surenchère de pressions. Et bien, c'est simple, il n'avait qu'à ne pas mettre le pied là où il ne fallait pas. Le
pays aurait fait l'économie de cette crise devastatrice.