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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 09:29

                               Selon l'ambassadeur de France à Madagascar, dans une interview qu'il a accordée à la "Gazette de la Grande Ile",  on est très proche de la résolution de la crise. On ne peut que s'en réjouïr mais, en même temps, on ne peut qu'être curieux de savoir comment les nouveaux arrangements tiendront compte des intérêts de toutes les parties et surtout des intérêts du pays.

                               Si arragements il y aura, ils auront lieu entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana sinon on ne pourra pas parler de résolution de crise du tout. Et puisque les deux intéressés projettent de faire des déclarations publiques dans les heures qui viennent pour l'un, et les deux jours prochains pour l'autre,  on ne peut que constater que les choses vont dans le bon sens. Et finalement, on peut deviner que les pressions ont eu raison de l'entêtement de Andry Rajoelina. La France, a toujours soutenu l'auteur de cet article, a intérêt à trouver une issue à la crise avant que l'Union Européenne statue sur le cas de Madagascar. Tout simplement parce que si l'Union Européenne décide de sanctionner les putschistes, elle n'aura plus beaucoup de marge de manoeuvre. Il lui sera difficile d'afficher, contre l'opinion internationale, son soutien à Tgv. D'où, sans doute, la diplomatie française a mis le paquet pour trouver une issue acceptable pour tous. En effet, des sanctions de la part de l'Union Européenne feraient réellement et autrement plus mal que celles de l'Union Africaine.  La conséquence, pour Tgv, pourrait être tout simplement, à plus ou moins long terme, le départ sans condition. D'autant plus que la fidelité de l'armée à son égard ne semble plus du tout aussi inébranlable qu'au début de son "règne". Or une chute brutale de Tgv, manifestement de plus en plus impopulaire, pourrait amener certains excités incontrôlables à s'en prendre brutalement aux intérêts français puisque la France est perçue par l'opinion nationale comme son "tuteur" aussi bien lors de son insurréction que depuis son accession au pouvoir. En outre, une telle issue ferait perdre à la France toute influence sur  les nouveaux décideurs malgaches. Un risque que Paris n'est sûrement pas prêt à courir.

                             Les observateurs sont ainsi dans l'expectative. On connaît déjà plus ou moins le contenu du nouveau consensus. Les grandes lignes sont d'ailleurs revelées par l'ambassadeur de France: un gouvernement réellement d'union nationale, une CENI réellement inclusive et des élections à brève échéance. Un schema moins lourd que celui prévu par les Accords de Maputo mais aussi moins partisan et plus consensuel que la "convention nationale" d'Ivato dont le principal objet semblait être la consolidation du pouvoir de Andry Rajoelina. Tout n'est pas réglé pour autant. L'expérience a montré qu'il est plus ou moins facile d'obtenir l'accord de tous sur les grandes lignes. C'est toujours au moment des partages des responsabilités, ou plus vulgairement des partages de sièges, que les choses se corsent. Tout le monde se souvient que c'est au niveau de la formation du gouvernement et de la délimitation pratique des pouvoirs du président et des co-présidents que les Accords de Maputo et l'Acte additif d'Addis Abeba ont "explosé". Alors espoir mais aussi prudence !  

                           Rappelons que l'armée met aussi la pression sur Andry Rajoelina pour qu'il définisse une "feuille de route" de sortie crise qui intègre la réconnaissance internationale. Selon un quotidien, Tgv, lors de sa rencontre avec les responsables de l'armée, se serait plaint de cette surenchère de pressions. Et bien, c'est simple, il n'avait qu'à ne pas mettre le pied là où il ne fallait pas. Le pays aurait fait l'économie de cette crise devastatrice. 

          

Par sammy rasolo
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 00:00

                 Sans blague, ils se posent maintenant en "raimandreny" moralisateurs. Ils demandent aux putschistes d'établir une feuille de route qui intègre la réconnaissance internationale et, aux trois mouvances, de ne plus verser dans les manifestations de rue. Mais ils ne font pas sérieux tout simplement. Les responsables de l'armée ont été parmi les auteurs du coup d'Etat qui a basculé le pays dans la situation inextricable où il se trouve. Et qu'est-ce qui leur permet actuellement d'afficher une "supériorité morale " de façade pour lancer un rappel à l'ordre à tous ? Rien, à part leurs armes bien sûr. Tout simplement parce que plus personne ne croit que l'armée est l'ultime rempart contre l'anarchie. C'est ce qu'on croyait. Mais il est tellement évident qu'elle ne peut plus jouer ce noble rôle. Elle s'est discreditée dans ses engagements aux côtés des putschistes. Alors, quand elle parle d'ultimatum, même avec tout le sérieux du monde, on ne peut s'empêcher  de trouver ses chefs un peu comediens. 

                Leur dernière intervention auprès de Andry Rajoelina a tout de même le mérite d'augmenter la pression sur le chef putschiste pour qu'il abandonne son unilatéralisme. Tgv, pour sa part, a déclaré officiellement avoir pris acte de l'exigence des instances de commandement de l'armée tout en souhaitant qu'elles mettent aussi la pression sur les autres, sous-entendu les trois mouvances, pour qu'elles acceptent le consensualisme. Il feint d'oublier que c'est lui qui est sorti des Accords de Maputo et que c'est lui qui tente d'imposer aux autres, en s'appuyant sur le soutien de l'armée, justement, sa "solution". Ce que Andry Rajoelina demande aux trois mouvances, ce n'est ni plus ni moins que de se noyer dans une pléthore de groupuscules acquis, par intérêts, à sa cause et; ainsi, de se contenter de strapontins dans un gouvernement prétendu d'union nationale et au CENI. Tant que les putschistes n'abandonnent pas cette mauvaise foi, ils restent à côté de la notion de consensualisme. Et si, finalement, on parle de nouveau d'une rencontre Andry Rajoelina-Marc Ravalomanana, c'est parce que le faux consensualisme que les putschistes tentaient d'imposer à tous ne marche pas. Alors, il faut que, du côté de Tgv, on arrête de jouer au plus fin. Il faut donner aux mots leurs vrais sens: un consensus doit être un consensus, c'est à dire un accord négocié entre adversaires, et non entre amis, qui tient compte des intérêts des deux parties. Et de même, un gouvernement d'union nationale doit être un vrai gouvernement d'union nationale, c'est à dire une équipe formée sur la base des négociations entre les adversaires. Si le vrai consensus est ce que l'on recherche, il ne revient pas à Tgv de choisir quels ministères il va offrir aux trois mouvances. Et déjà, il ne lui revient pas non plus de désigner de manière unilatérale qui sera le premier ministre. 

              Pour revenir à l'armée, elle a raté plusieurs occasions de se poser en arbitre sage, soucieux de l'intérêt national. Une première fois, en mars 2009, quand, au lieu de protéger la légalité et les institutions de la République, en premier lieu le Président élu, elle avait choisi de désobéïr pour soutenir des insurgés et participer à leur prise illégale du pouvoir. Et elle ne s'est pas arrêtée à cet acte anti-républicain, elle a ensuite reprimé tous les mouvements de contestation du coup d'Etat.  Or, Marc Ravalomanana, acculé à la sortie, à l'instar du Président Tsiranana en 1972, avait tenté de sauvegarder  ce qui pouvait l'être des institutions de la République en lui transférant le pouvoir. Elle n'en a pas voulu. Une autre fois, les trois mouvances,  au plus fort de la crise, avait tenté en vain de la convaincre de prendre ses responsabilités. Encore une fois, elle a preféré se ranger du côté des putschistes. Alors comment est-ce qu'il faut comprendre l'exigence d'une feuille de route ?

             D'abord, c'est juste pour rappeler à Tgv et ses amis, après le limogeage du ministre de la défense, que l'armée est toujours là et qu'elle reste encore une force de persuasion. Ensuite, c'est une tentative très tardive de regagner de la crédibilité auprès de l'opinion en se posant comme autorité soucieuse de l'intérêt national. Mais le mal est fait. Il faudra du temps pour effacer la piteuse image qu'elle a donnée d'elle même.  

Si l'armée était neutre, elle aurait été aimée et personne ne souhaiterait sa disparition;
Si elle était moins manipulée, on lui réconnaîtrait grandeur et honneur;
Si elle était moins engagée politiquement, elle gagnerait en respectabilité;
Si elle était moins encline à se servir de ses armes contre les manifestants, elle pourrait être la solution à la crise;
Si elle était partie prenante au développement , on ne sentirait pas qu'elle pèsait aussi lourd au contribuable.

Par sammy rasolo
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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 19:02

                         Nicolas Sarkozy annonce une "réforme en profondeur de la politique de la France en Afrique". Les grandes lignes ont été annoncées lors du sommet France-Afrique de Nice. Elles sont au nombre de quatre:

 - un business mieux encadré, avec l'obligation pour les entreprises françaises de respecter les principes de responsabilité sociale, environnementale et fiscale;

-une réfonte totale de l'aide au développement, plus transparente et axée sur la promotion des biens publics;

- la fermeture des bases militaires françaises et l'instauration d'un véritable contrôle parlémentaire sur les opérations extérieures de la France;

-la suspension des relations diplomatiques avec les régimes ne procédant pas d'élections démocratiques et auteurs de violations des droits humains.

                        C'est surtout le dernier volet qui intéresse les amoureux de Madagascar. On vous prend au mot Monsieur le Président: Cessez les relations avec le régime Tgv,  Il répond parfaitement aux deux critères énoncés ! Vous rendrez un grand service à Madagascar en le débarassant de son tyran et, en même temps, fera éviter à la France l'humiliation d'un mouvement populaire de rejet de tout ce qui est français.

 

                                                    Denouement proche

                       En tout cas, tous suivront avec attention l'évolution de la position française après cette déclaration. Ce, d'autant plus que, à l'issue de ce sommet de Nice, Nicolas Sarkozy et Jacob Zuma se sont entendus pour annoncer que l'on est proche du dénouement de la crise après la décision de Andry Rajoelina de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Cette décision n'a pas suffi à rendre plus acceptable la transition unilatérale et illégitime des tégévistes puisque malgré tout, les pays africains n'ont pas voulu du président de la hat à Nice et l'Union Européenne , elle aussi, vient de confirmer l'annulation des fonds de développement et des aides budgétaires pour Madagascar. Mais bien sûr, les illégaux au pouvoir persevéreront dans leur entêtement, comme d'habitude. Ce, d'autant plus qu'ils vont pouvoir toucher les cent millions de dollars de la compagnie Wisco. Avec cette manne, ils vont pouvoir encore tenir un peu plus longtemps dans leur fuite en avant. Cent millions de dollars ne sont presque rien par rapport à tout ce que le pays a perdu et est en train de perdre avec leur régime mais ils persistent tout de même dans leur oeuvre de destruction. Comment, dans ces conditions, croire que c'est l'intérêt national qui est leur motivation ? 


                                               Geste décisif attendu

                         Sur la question , plus personne ne se fait d'illusion  d'ailleurs. Seules les mesures qui frapperont leurs intérêts personnels seront susceptibles de les faire plier. Et  si la France décide réellement d'appliquer à la lettre sa nouvelle politique et de leur retirer, par les paroles et par les actes, son soutien, cela leur fera mal. Mais encore faut-il que ce rêve devienne réalité. Nombreux sont ceux qui souhaitent que la France soit aussi soucieuse du respect de la démocratie et du respect des droits de l'homme dans les pays africains comme elle l'est à l'endroit de sa propre population. On le dit souvent: elle est le pays des droits de l'homme. Et quotidiennement, on ne peut que constater que l'opinion publique française est effectivement très sensible à la question. La presse, comme aux Etats-Unis, joue son rôle de chien de garde. A l'affût du moindre dérapage des pouvoirs publics. Des officiels qui occupaient des logements HLM ou qui disposaient indûment de deux logements ont été amenés à démissionner. Une loi oblige l'Etat à loger les mal-logés et l'astreint à une amende pécuniaire par jour de retard. La HALDE, ou Haute autorité de lutte contre la discrimination, veille au droit de tous à l'égalité de traitement. Un revenu minimum est fixé pour éviter que les plus démunis basculent dans l'extrême dénuement. La "sécurité sociale" française est la plus protectrice de tous les systèmes qui existent au monde. Un chef d'entreprise qui voudrait licencier pour raison économique est obligé de mettre en place un plan social. La liberté d'expression est vraiment une réalité, constatée, presque tous les jours, sur les ondes mais aussi sur les plateaux télévisuels. L'opinion publique est puissante à un point tel que le fils de Nicolas Sarkozy ait dû rénoncer à présider l'Epad, à un point tel que le "contrat nouvelle embauche" ait été retiré, à un point tel que plusieurs ministres successifs de l'Education aient échoué dans leurs tentatives de réforme.  Les Français, comme tous les peuples des pays démocratiques, cèdent rarement quand ils se sentent dans leurs bons droits. Et s'ils n'arrivent pas à se faire entendre par les grèves et manifestations, ils ne manquent jamais de faire savoir leurs mécontentements lors des échéances électorales. Et c'est de cette France soucieuse de la démocratie et des droits de l'homme que les observateurs attendent un geste décisif: retirer son soutien au régime injuste et illégitime malgache actuel.        

 

Par sammy rasolo
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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 12:37

                                       Le Père Pedro, pour Madagascar, est ce qu'était Mère Theresa pour l'Inde, ce qu'était l'Abbé Pierre pour la France, ce qu'était Soeur Emmanuelle pour l'Egypte. On lui doit du respect. Il peut prétendre être la voix des désherités dans leur lutte pour la survie, dans la recherche d'un peu de considération. Il n'est pas malgache mais compte tenu de qu'il fait pour les pauvres, personne ne lui conteste le droit d'avoir ses opinions sur la crise et de les rendre publiques. Et on voit, à travers sa "lettre ouverte" à Louis Michel, ancien commissaire au développement et à l'aide humanitaire de l'Union Européenne, de quel côté il est. Dans sa missive, il se fait plus l'avocat des putschistes que du peuple malgache. Il affirme que sanctionner les dirigeants de fait, c'est  sanctionner le peuple malgache. Il déclare par ailleurs que l'on peut reprocher de nombreux actes repréhensibles à l'ancien président Marc Ravalomanana.

                                      Il est juste nécessaire de rappeler au Père Pedro que si on peut établir un certain parallèle entre le parcours de Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, deux choses font toute la différence: Marc Ravalomanana a accédé au pouvoir par la voie des urnes et il est resté au pouvoir également grâce aux urnes. Sans qu'on puisse lui décerner le titre de "champion de la démocratie", on ne pouvait pas lui contester sa légitimité. Il y a beaucoup de choses qu'on pouvait lui reprocher mais sur l'évolution économique et sociale, les chiffres plaident pour lui. Et si imparfaite que fût sa gouvernance, elle avait tout de même permis de réduire le taux de pauvreté. Derrière la réduction de ce taux, ce pourcentage, il faut voir des infrastructures publiques réhabilitées, des gens qui ont trouvé du travail, des gens qui ont connu une amélioration de leur pouvoir d'achat et des gens qui sont sortis de la précarité. Ce dernier argument ne devrait pas laisser indifférent le Père Pedro puisque c'est son domaine d'action. Par contre, le coup d'Etat des tégévistes a déjà détruit 229 mille emplois (chiffre de la Banque mondiale) et l'on prévoit la disparition de plusieurs autres centaines de milliers pour les mois qui viennent. Si l'on se base sur  le critère  "pauvreté" pour juger les dirigeants, le Père Pedro devrait plutôt trouver que maintenir les dirigeants actuels au pouvoir ne sert pas la grande cause pour laquelle il se bat quotidiennement. Mais par ailleurs, il faut aussi faire remarquer que l'homme n'est pas uniquement un tube digestif, il est aussi un être doué d'intelligence qui, bien sûr, aspire à la serenité au niveau de son confort matériel mais qui, également, désire, comme l'ensemble de l'humanité, jouïr des droits et libertés réconnus aux autres. Il peut souffrir de faim et de soif mais également de privation de droits et de libertés. Le fait qu'il y avait des carences au niveau de la démocratie du temps de Marc Ravalomanana ne confère aucun droit à faire encore pire aux tégévistes. Ce, d'autant plus qu'ils n'ont reçu aucun mandat du peuple pour gérer le pays. En tout cas, il est difficile de croire que c'est le pouvoir actuel qui apportera aux Malgaches le mieux être qu'ils recherchent. La tyrannie a quelquefois aidé certains pays dans leur essor économique mais le plus grave, actuellement, est que le peuple malgache  perd sur les deux tableaux: non seulement, il vit sous la tyrannie mais s'appauvrit à une vitesse V. 

                                  Tout ceci étant, il n'y aurait eu aucune sanction contre les tégévistes s'ils étaient moins égoïstes et moins unilatéralistes. Alors qu'il soit clair: le Père Pedro devrait demander au camp tégéviste d'être plus soucieux du consensualisme et du respect des principes démocratiques et républicains avant de demander à Louis Michel, de ne pas pousser l'union Européenne à sanctionner. Il aiderait alors beaucoup plus le pays à sortir de la crise.   

Par sammy rasolo
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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 19:57

                              Pâques. C'est la célébration de la résurréction de Jésus Christ. Le moral de ses disciples était au plus bas après sa crucifixion. Bien sûr, le Christ avait annoncé sa résurréction pour le troisième jour après sa mort mais ses disciples ne savaient pas trop comment il fallait comprendre ces paroles. Ils l'ont su ce jour de pâques. Jésus est sorti du tombeau. Ce n'était pas uniquement son âme qui s'était reveillé mais tout son être, y compris son corps. Le linceuil avec lequel son corps avait été drapé avait été soigneusement plié et rangé au bout du lit de pierre. Ceci signifie tout simplement que le salut qu'il a annoncé concerne tout l'homme et non pas, contrairement à ce que certains soutiennent, seulement l'âme. Durant les trois ans au cours desquels il a prêché la bonne parole, il n'a pas arrêté non plus de le prouver: il a guéri des aveugles, des sourds, des lépreux, des paralytiques mais aussi des possédés. Ce sont autant de preuves de l'intérêt qu'il accorde également au bien être physique. Et d'ailleurs, dans 'Notre Père...", il nous a appris aussi à demander notre pain quotidien, c'est à dire ce qui nous est nécessaire pour vivre. Mais au-delà de l'aspect multidimensionnel de la religion, sa mort et sa résurréction mettent à la disposition de l'homme le salut, c'est à dire la possibilité d'obtenir le pardon pour tous ses pêchés. Il suffit de réconnaître qu'on est vraiment pêcheur et de demander pardon à Dieu. Et tout est effacé. On se réconcilie avec le Créateur.  Mais en même temps, par cette démarche, le croyant s'engage à remettre sa vie entre les mains du même Créateur pour que l'on ne rétombe plus dans le pêché.

                             Ce petit rappel est nécessaire à l'heure où de plus en plus de voix se font entendre sur la nécessité de se réconcilier.  

                        La  réconciliation est, bien sûr, utile. Mais encore faut-il que ce soit possible. Et la condition incontournable pour qu'elle soit possible est ce qui vient d'être énoncée: la réconnaissance que l'on a commis des fautes. Pour revenir à la crise actuelle, ce qu'il faut, c'est la réconnaissance par toutes les parties concernées que, effectivement, elles ont commis des erreurs. Cela suppose la volonté de rénoncer aux turpitudes. Rénoncer signifie ne plus commettre les mêmes actes repréhensibles. Or, qu'est-ce que l'on constate sur le terrain, les illégaux au pouvoir continuent à s'imposer comme si leur pouvoir était réellement légitime, ils continuent à réprimer toutes les manifestations, à baîllonner la presse, à croire que le monde entier leur en veut injustement mais que eux n'ont rien à se reprocher, à vouloir tricher sur le concept de consensualisme. Ce concept, selon les putchistes, signifie ne rien remettre en cause de leur pouvoir mais accepter quelques postes qu'il veuille bien concéder.  Comment, dans ces conditions, la réconciliation va être possible ?

   Comment se réconcilier avec des interlocuteurs visiblement de mauvaise foi qui trichent sans arrêt juste pour pouvoir se maintenir au pouvoir ? Le pardon est possible mais après qu'ils aient réconnu leurs fautes. Cette précision est nécessaire suite au dernier communiqué du FFKM. Et la réconciliation ne peut pas signifier se plier à leurs quatre volontés pour rénoncer à tous les principes républicains, démocratiques et de justice. Elle implique une certaine empathie, sinon de l'empathie certaine, pour les souffrances et les préoccupations des autres. Or, manifestement, c'est ce qui manque  aux dirigeants de fait. Un éditorialiste connu, proche du pouvoir actuel, regrette que les mouvances en sont encore aux manifestations de rue un an après le déclenchement de la crise. Il oublie juste que l'on est toujours dans la même transition illégale, illégitime et particulièrement représsive.  
                            "La réconciliation, c'est le partage équitable de la confiance", déclarait Jean Hatzfeld, dans une interview. Cette citation sort de la bouche d'un journaliste qui a côtoyé les pires souffrances puisqu'il était sur terrain au Rwanda et à Sarajevo où  il avait même reçu une balle.

Par sammy rasolo
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