Jeudi 12 février 2009
4
12
/02
/Fév
/2009
14:56
Nombreuses voix se sont élevées à Madagascar pour réclamer un dialogue entre les protagonistes de la crise. Nombreuses organisations internationales se sont
même portées volontaires pour jouer le rôle d'intermédiaires et de facilitateurs. Et enfin, on y est. Le dialogue a commencé. Ce, le soir même du 11-02-2009, après une "démonstration de force" du
camp du Président de la République, Marc Ravalomanana. Malgré la pluie, il a réussi à rassembler 40000 personnes ( le chiffre varie d'une source à une autre. L'estimation la plus basse est de 25000
personnes) au stade de Mahamasina (dans la capitale). Cette fois-ci, il était plus facile de compter puisque la capacité d'accueil du stade est connue. Le Président vient de montrer que,
contrairement à ce que l'on raconte dans le camp d'en face, il dispose encore d'un grand capital de sympathies, ou plus exactement de soutiens. En tout cas, Andry Rajoelina ne peut plus
prétendre tirer une quelconque legitimité du nombre de ses manifestants. Et il ne peut pas prétendre pouvoir ériger un gouvernement au nom d'une majorité qui n'était déjà pas évidente au début mais
qui l'est de moins en moins au fur et à mesure de l'évolution de la crise. Quand il decide de faire de la capitale une "ville morte", les activités ralentissent un peu non pas par ralliement au mot
d'ordre mais parce que l'on cède face aux intimidations. Et la "grève générale" qu'il a "decretée" n'est suivie par personne. Pourtant, il continue à nommer ses "ministres".
Il est clair maintenant qu'une "minorité agissante" bloque le foctionnement de tout un Etat et tient en otage tout un peuple. La méthode est simple: la pagaille tient lieu de monnaie d'échange. Pour que l'on accepte ses révendications, Andry Rajoelina agite le spectre du désordre apocalyptique. Or en même temps, il ne s'impose aucune limite dans ses objectifs: instituer une "autorité de transition" et mettre en place un gouvernement, d'évidence insurrectionnel. Or, toute la communauté internationale (ONU, Union Africaine, Commission de l'Océan Indien) réclame le respect de l'ordre constitutionnel. Andry Rajoelina est dans l'illegalité la plus totale mais cette communauté internationale demande au Président élu démocratiquement et légal de l'accepter comme interlocuteur. Alors les observateurs sont en droit de se demander qu'est ce qu'on va pouvoir lui offrir pour qu'il accepte de laisser le peuple malgache vivre en paix. Un poste ministériel ? Visiblement, il ne s'en contentera pas. La primature ? C'est impensable puisque l'on récompenserait ainsi le fait de s'être mis dans la l'illegalité. Et en plus, l'on se demande, si l'on se base sur la gestion de la commune urbaine d'Antananarivo, s'il est l'homme qu'il faut pour diriger un gouvernement légal dont les pouvoirs seront éffectifs. Alors, faut-il se lancer dans des élections anticipées ? c'est ce que visent apparemment ceux qui se cachent derrière Andry Rajoelina. Même dans ce cas, on sera toujours dans l'illegalité puisque le Président Ravalomanana est élu pour cinq ans. Or, la majorité silencieuse, pour la paix publique, revendique que l'on respecte la durée des différents mandats électoraux. Une pétition en ce sens circule sur le net actuellement. Elle a été lancée hier. Elle comporte déjà plus d'un millier de signatures vingt quatre heures après. Cette majorité silencieuse demande à Andry Rajoelina d'attendre 2012 pour qu'il se présente aux présidentielles. Il n'aura pas encore l'âge réquis par la Constitution pour pouvoir se porter candidat mais tout le monde s'entendra sans doute pour amender le texte fondamental. Rien que pour lui. Une énorme concession.
Sammy Rasolo
Il est clair maintenant qu'une "minorité agissante" bloque le foctionnement de tout un Etat et tient en otage tout un peuple. La méthode est simple: la pagaille tient lieu de monnaie d'échange. Pour que l'on accepte ses révendications, Andry Rajoelina agite le spectre du désordre apocalyptique. Or en même temps, il ne s'impose aucune limite dans ses objectifs: instituer une "autorité de transition" et mettre en place un gouvernement, d'évidence insurrectionnel. Or, toute la communauté internationale (ONU, Union Africaine, Commission de l'Océan Indien) réclame le respect de l'ordre constitutionnel. Andry Rajoelina est dans l'illegalité la plus totale mais cette communauté internationale demande au Président élu démocratiquement et légal de l'accepter comme interlocuteur. Alors les observateurs sont en droit de se demander qu'est ce qu'on va pouvoir lui offrir pour qu'il accepte de laisser le peuple malgache vivre en paix. Un poste ministériel ? Visiblement, il ne s'en contentera pas. La primature ? C'est impensable puisque l'on récompenserait ainsi le fait de s'être mis dans la l'illegalité. Et en plus, l'on se demande, si l'on se base sur la gestion de la commune urbaine d'Antananarivo, s'il est l'homme qu'il faut pour diriger un gouvernement légal dont les pouvoirs seront éffectifs. Alors, faut-il se lancer dans des élections anticipées ? c'est ce que visent apparemment ceux qui se cachent derrière Andry Rajoelina. Même dans ce cas, on sera toujours dans l'illegalité puisque le Président Ravalomanana est élu pour cinq ans. Or, la majorité silencieuse, pour la paix publique, revendique que l'on respecte la durée des différents mandats électoraux. Une pétition en ce sens circule sur le net actuellement. Elle a été lancée hier. Elle comporte déjà plus d'un millier de signatures vingt quatre heures après. Cette majorité silencieuse demande à Andry Rajoelina d'attendre 2012 pour qu'il se présente aux présidentielles. Il n'aura pas encore l'âge réquis par la Constitution pour pouvoir se porter candidat mais tout le monde s'entendra sans doute pour amender le texte fondamental. Rien que pour lui. Une énorme concession.
Sammy Rasolo