Pour l'heure, l'enjeu de la bagarre est d'arriver à une élection présidentielle transparente et crédible. Tout simplement parce qu'il est inacceptable qu'un tyran, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat, concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Ce d'autant plus qu'il n'a rien apporté de positif au pays. Il a tout detruit. Ainsi quand Marc Ravalomanana déclare indirectement qu'il sera candidat à la prochaine élection présidentielle,pour l'heure, pour l'auteur de cet article, ce n'est pas important. Et d'ailleurs, tant que les dirigeants de fait restent au pouvoir, Marc Ravalomanana n'aura aucune chance d'être candidat. Les putschistes multiplient contre lui les condamnations pénales. Bien sûr, ces décisions judiciaires ne résultent que de parodies de justice et personne ne pense sérieusement qu'elles survivront au régime Tgv, d'où il ne faut pas leur accorder trop d'importance. Un président de la République, pour toutes les infractions commises dans le cadre de son mandat, est justiciable devant la seule Haute Cour de Justice. C'est la Constitution qui le dit et cette Constitution, une loi d'ordre public donc d'interprétation stricte, est le texte applicable aux actes de Marc Ravalomanana quand il était Chef de l'Etat. Alors, il faut prendre ces décisions judiciaires sur Marc Ravalomanana pour ce qu'elles sont: des actes politiques liés au régime Rajoelina. Elles ne sont que des épiphenomènes sans grande conséquence dans cette longue crise. Et quand un quotidien revèle que la hat prépare une autre poursuite pénale contre l'ancien président et qui serait, cette fois-ci, pour "usurpation de fonction", on ne peut que leur dire : Continuez puisque vous n'avez rien d'autre à faire. Cela ne fait ni chaud ni froid à l'opinion.
Le vrai enjeu de la bagarre, pour l'heure, est d'arriver à accroître la pression sur les putschistes. Et concrètement, cela signifie arriver à persuader l'Union Européenne d'adopter les mêmes sanctions que l'Union Africaine applique déjà contre Andry Rajoelina et ses amis. Et surtout avant que ces derniers n'organisent leur mascarade électorale. Si l'Union Européenne décide de punir, il n'y aura point d'échappatoire pour les dirigeants de fait: ils céderont. Encore faut-il qu'elle se décide. Pour ce, tous ceux qui sont revoltés par les actes de la hat doivent continuer à dénoncer et essayer de faire échec à la francafrique dans sa tentative de légitimation de ce régime illégal et illégitime.
La pression extérieure sur le pouvoir putschiste est la seule issue pour le peuple malgache. Il ne faut pas être naïf au point de croire que le peuple finira par se soulever et renverser ce régime. Le peuple birman est depuis deux décennies sous le joug d'une junte militaire. Les soulèvements en Iran sont férocement réprimés par Ahmadinejad et il n'y a presque plus de manifestations. Au Chili, le peuple n'est pas arrivé à empêcher le coup d'Etat du Géneral Pinochet. Les Tibetains ont renoncé à toute idée d'indépendance par rapport à la Chine pour ne révendiquer qu'un peu plus d'autonomie. Face à une armée qui n'hésite pas à utiliser ses armes, un peuple désarmé n'a aucune chance. Le salut ne peut venir que des pressions internationales de plus en plus forte.