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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 14:15
                               Consensus. Au niveau d'une nation, cette notion est essentielle. Même le principe fondamental de la démocratie est basé sur le consensus: tout le monde s'entend pour réconnaître qu'il est légitime que le pouvoir soit confié à celui qui a recueilli le plus de suffrages au cours d'une élection. Si les circonstances ne permettent pas d'appliquer ce principe, le consensus prend encore plus d'importance. Il devient alors la source de la paix publique. L'histoire le prouve. Ainsi, en 1972, sans base légale, tous avaient réconnu que la solution était de remettre le pouvoir à l'armée. Il n'y eut pas de contestation. En 1975, à la suite de l'assassinat du Colonel Ratsimandrava, toujours sans base légale, un directoire militaire s'est formé. Personne n'a contesté. La mutinerie du GMP avait un autre motif que la contestation de la mise en place du directoire. Le colonel Brechard Rajaonarison dénonçait, entre autres, ce qu'il percevait comme discrimination au sein de l'armée.  En 1991, Didier Ratsiraka s'était rendu finalement compte, au bout de quelques mois de grève générale contre son pouvoir, qu'il n'était plus possible de faire la sourde oreille ou de récourir à la violence. Pour dénouer la crise, Il avait nommé un premier ministre dont la principale mission était de négocier avec les "forces vives" grevistes. Guy Razanamasy  était ce premier ministre. Le consensus prit la forme d'une convention, celle du 31 octobre 1991. En 1996, suite à l'empêchement du Président de la République, Zafy Albert, voté par l'assemblée nationale, et en l'absence de l'Institution dont le président devait, selon la Constitution, assumer l'intérim de la présidence, Norbert Lala Ratsirahonana devenait premier ministre et assumait en même temps les charges de Chef de l'Etat. Il n'y a presque pas eu de contestation. Toujours le consensus.
                                En 2002, la crise était spéciale. Elle est née de la défiance de l'opinion contre la HCC, juge électoral. La question qui se posait était de savoir si Marc Ravalomanana avait remporté l'élection dès le premier tour ou non. Il était en tête sans avoir obtenu la majorité absolue réquise par la Constitution, selon la Haute Cour Constitutionnelle. Selon le candidat et ses partisans, cette majorité absolue avait été atteinte. Il avait alors demandé en vain la confrontation des procés-verbaux des bureaux de vote détenus par la HCC avec les siens.  Les partisans de Marc Ravalomanana étaient alors descendus dans la rue. Les échanges étaient passionnels à un point tel que l'intervention de la communauté internationale était inévitable. Et l'on avait abouti à Dakar I et Dakar II qui n'avaient reçu aucune application. Tout simplement parce que, entretemps, suite à un récours devant la Chambre administrative de la Cour Suprême, le décret de nomination des membres de la HCC avait été annulé.  Cet arrêt de la Chambre administrative faisait tomber l'arrêt de la Haute Cour Constitutionnelle relatif aux résultats de l'élection présidentielle. La nouvelle HCC avait procédé à un récomptage des voix pour confirmer que Marc Ravalomanana avait obtenu la majorité absolue au premier tour. Bien sûr, le camp d'en face avait refusé d'admettre ce nouveau résultat. Les partisans de Didier Ratsiraka s'étaient repliés dans les provinces pour organiser leur résistance puisque dans la capitale, ils étaient minoritaires. Ils en étaient arrivés à organiser un blocus contre Antananarivo. Mais la messe était dite. Suite à ces rebondissements,  Marc Ravalomanana avait été réconnu président légal par les Etats-unis et la Suisse. Il pouvait désormais se permettre d'envoyer la troupe "pacifier" les provinces. Et c'était ce qu'il avait fait.  Ici, ce n'était plus le consensus mais la légalité, plus ou moins imposée par la force, qui avait conduit Madagascar au bout de la crise.
                                2009. Ni consensus, ni légalité. Madagascar est redevenu un Etat sauvage. Les tégévistes qui ont réussi à retourner la HCC et l'armée se sont emparés du pouvoir par la force. La transition, basée sur deux ordonnances d'évidence inconstitutionnelles, est imposée par la violence à tous. Et depuis une année, le pays vit de nouveau dans la crise. La légitimité de Andry Rajoelina est contestée tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Mais cela ne l'empêche pas de se conduire comme un président élu. Il peut essayer d'obtenir cette légitimité par une consultation électorale mais il prefère organiser des législatives plutôt qu'une élection présidentielle. Et par ailleurs, quand, finalement, ses adversaires acceptent qu'il soit président  mais avec des pouvoirs limités par les Accords de Maputo, il décide de revenir à sa transition illégale, illégitime, bancale et repressive. Il est allé jusqu'à renier sa signature en refusant l'application de ces accords.  Et il est toujours là en essayant de faire du neuf avec du vieux par ses ateliers faussement qualifiés de nationaux. Il n'a toujours pas compris que ce genre d'artifice ne marche pas. Des centaines de partis et groupuscules qui défendent la même chose, la hat, ne représentent pas la nation malgache. Encore une fois, l'opinion est, de manière très schematique, divisée entre pro-hat et anti-hat. Si les anti-hat ne sont pas représentés, ou représentés de manière marginale, l'atelier ne peut être qualifié de national même avec des millions de participants. Le consensus est à trouver entre adversaires, c'est à dire entre pro-hat et anti-hat, et non entre alliés déjà convaincus par la même cause. Une simple question de bon sens !        
 
Par sammy rasolo
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